ROUSSEL (Emile) et Georges GUGENHEIM.


Nancy ! Tout le monde descend !

1880.

Ensemble deux volumes in-4 (325 x 255 mm), l'un en demi-veau fauve avec coins, l'autre en demi-percaline verte (Reliures de l'époque).

Important ensemble autour de la première revue théâtrale entièrement nancéienne, provenant de l'un de ses auteurs.

"Nancy tout le monde descend ! est la première revue vraiment locale qui se jouera sur le théâtre de notre ville ; c'est une tentative de décentralisation des plus méritoires qui est d'un bon augure pour l'avenir de nos jeunes écrivains et compositeurs nancéiens et qui, à ce point de vue, mérite la sympathie et l'encouragement de tous ceux qui ont quelque souci de la réputation de notre vieille Lorraine."
Extrait du journal Le Courrier du samedi 14 février 1880.

Cet ensemble se compose de deux volumes, le premier relié en demi-veau provient de la bibliothèque de l'un des co-auteurs de la pièce Émile Roussel.

Le volume d'Émile Roussel renferme :

Le texte de la revue entièrement autographié (lithographié par Munier à Nancy) donnant une version primitive inédite, différente de celle imprimée. 148 pp.
• Le texte imprimé sur trois colonnes. 26 pp. Nancy ! Tout le monde descend ! Revue en cinq actes et sept tableaux.
• 3 partitions illustrées : Nancy ! Tout le monde descend ! Couplets du prince ; Couplet d'Aveline ; Couplets des journaux
• Un feuillet publicitaire pour la pièce du Théâtre de Nancy
• Un numéro spécimen de Nancy-Théâtre illustré d'une photographie. 13 novembre 1880. 4 pp. La dernière page contient le Rideau-annonces. Maisons recommandées. où apparaissent les noms de Majorelle et René Wiener (Papeterie de luxe, rue des Dominicains). Les annonces sont gérées par Georges Gugenheim.
• 26 coupures de presse concernant la pièce, sa réception et le procès qui s'engagea entre Gugenheim, Thomas et Gravière le directeur du théâtre.
14 lettres manuscrites signées adressées à Émile Roussel concernant la revue : une de Gaston Sare (décors), deux de Victor Masson (costumes), deux de Paul Thomas (musique), une de Marguerite St Laurent (actrice), une signée Labatte, une signée Morelle, une signée François, une de Ernest Gaudechaux Sicarel (du ministère des travaux publics), une lettre au signataire non identifié, une de Lemercier (directeur de théâtre), une de A. Ballon (bibliothèque de Nancy) et une signée Mirabeau Martel.
• Un carton d'invitation pour le dîner d'anniversaire de la première représentation de la Revue.

Le second volume renferme :
11 photographies des comédiens en costume par J. Barco, Nancy
Une grande affiche originale : 1150 x 800 mm
• Une gravure Statue de A. Thiers Nancy 3 Août 1879. Publié par Gerhardt aîné et Cie, Nancy.
• Comme dans le volume précédent : 3 partitions illustrées ainsi que le texte imprimé sur trois colonnes.

"Le contexte international pesant entre l’Allemagne et la France influence sans doute les scènes lorraines qui tentent de renforcer une identité locale finalement plus consensuelle. Par ailleurs, les établissements qui proposent à un bas prix un mélange de tous les spectacles vivants réunissent un public populaire large. [...] Une véritable culture populaire voit le jour, très souvent critiquée par les élites. En 1921, Armand-Paul Vogt, dans son histoire du théâtre à Nancy, ne traite qu’en quelques pages des cafés-concerts tout en convenant de l’importance du phénomène : « Ces deux établissements fondés par deux sociétés anonymes rivales, étaient appelés à avoir une énorme influence sur les goûts et les habitudes de nos concitoyens. » (1)
Comme le constate Jean-Luc Roux pour Lyon (2), afin de diversifier encore l’offre, les cafés-concerts vont proposer des revues locales. À Nancy, le Casino proposera durant sa période faste ce type de spectacle s’inspirant d’abord de l’actualité locale. La première s’intitulant Nancy tout le monde descend d’Émile Roussel et Georges Gugenheim, est mise en scène pour la première fois en 1880 et reprise par le Casino plusieurs fois. Les hommes illustres, les rues de Nancy et les faits divers y sont abordés. Mais la grande histoire apparaît également, la mémoire de 1871 étant alors évoquée quand les artistes chantent sur des décors évoquant la place Thiers (figure patriotique puisqu’il est considéré comme le libérateur du territoire de l’occupation allemande) et sa statue."

Jean-Christophe Diedrich. Un loisir urbain, les cafés-concerts en Lorraine allemande et française 1870-1914. pp. 225-242.
(1) Armand-Paul Vogt, Le théâtre à Nancy depuis ses origines jusqu’en 1919, imp. Grandville, Nancy, 1921. p. 176.
(2) Jean-Luc Roux, op. cit..  Jean-Luc Roux, Le Café-concert à Lyon, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, Lyon, 1996, p. 39.

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