[TRADUCTION DANTESQUE INÉDITE]

L’Enfer du Dante. Poème italien traduit en vers français par L. Lasne de Nevers.

1825.

In-folio (305 x 212 mm), 517 pp., demi-basane noire, tranches jonquille ; frottements et accrocs à la reliure, coins frottés (Reliure de l’époque).

Une traduction inédite en vers de l'Enfer de Dante,  par un certain L. Lasne, originaire de Nevers.
Elle est composée en alexandrins à rimes plates, avec les vers en italien en regard. Le texte porte des traces de relectures (ajouts de mots ou de vers oubliés) ainsi que plusieurs reprises de vers et passages corrigés à l'encre rouge de la même main.

Le manuscrit est composé d'une Notice préliminaire de 10 pp., d'une table des arguments de 8 pp., de la traduction avec le texte italien en regard sur plus de 450 pages, et de 42 pp. de Notes.

La Notice préliminaire et les Notes contiennent d'intéressantes remarques de L. Lasne indiquant une bonne connaissance des traductions de son époque et du XVIIIe siècle.
Il cite plusieurs fois l'Histoire littéraire de l'Italie de Pierre Louis Guinguené (1811), critique la traduction de Michel Paul Guy de Chabanon (1773), ou cite des notes d'Antoine de Rivarol (1780). Dans les Notes, il précise pour le chant 25 : "Mr Masse a essayé de traduire en vers une partie de ce passage, je n'en avais aucune connaissance avant mon travail sur ce sujet." Nous n'avons pas retrouvé trace de ce traducteur. Concernant le chant 26 il fait mention de plusieurs auteurs : "Grangier, Venturi, Moutonnet [de Clairfons, 1776], Rivarol et Lombardi pensent que le poète entend par cette montagne la montagne du Purgatoire. [...]". Il cite également une note extraite de la traduction de A.-F. Artaud de Montor (1812) au chant 33, et des vers du père Aquina au chant 34 (nous n'avons pas retrouvé mention de ce traducteur).

Un travail précurseur donné bien avant les nombreuses éditions de traductions données à partir des années 1830.

Rappelons que d'après Marc Scialom, c'est en 1811-1813 que fut publiée "la première Divine Comédie en français accompagnée de notes philologiques importantes, d’après les commentateurs anciens et modernes [d’ Artaud de Montor]" , et que c'est en 1840 que fut publiée "la première version en prose rigoureusement littérale du texte de Dante [par Pier-Angelo Fiorentino]".

(1) Marc Scialom. La traduction de la Divine Comédie, baromètre de sa réception en France ? Revue de littérature comparée, vol. 63, n° 2, 1989, p. 197-207.
Consulter également du même le Répertoire chronologique et raisonné des traductions françaises de la « Divine Comédie » (XVe-XXe siècles), in « Lingua e letteratura » n° 7, Milano, 1986, p. 121-164.

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