Manuscrit autographe de sa critique littéraire de l’ouvrage de l’auteur antiféministe Théodore Joran intitulé Les féministes avant le féminisme.
4 feuillets in-folio (315 x 200 mm) ; plis central, quelques petits manques de papier dont certains restaurés.
Manuscrit autographe signé d'une critique littéraire consacrée à l'ouvrage Les Féministes avant le féminisme de Théodore Joran, publié en 1910.
Femme de lettres et poétesse née à Châteauroux, Lya Berger (1877-1941) s'intéressa particulièrement à la littérature féminine et à la condition des femmes. Elle publia notamment des études consacrées aux femmes poètes d'Allemagne, de Hollande et de Belgique. Sa reconnaissance littéraire fut marquée par la création, en 1922, du prix Lya Berger par la Société des gens de lettres.
Intéressante critique des Féministes avant le féminisme, dans laquelle Lya Berger souligne le ton plus mesuré de Joran et cherche à expliquer, voire à excuser, l’antiféminisme de l'auteur par ses mauvaises rencontres avec certaines représentantes du mouvement. Notons que Théodore Joran avait dédicacé son livre à Lya Berger.
« [...] On y découvre cette fois une délicatesse de touche, une philosophie sereine, une malice enjouée qui contrastent heureusement avec l’amer désenchantement du Mensonge du féminisme, avec l’âpre violence d’Au cœur du féminisme, avec la mordante satire de La Trouée du féminisme. Il y a une raison à cette modification... oserai-je dire à cette évolution ! Le livre nouveau, laissant de côté le féminisme contemporain, remonte aux sources de ce mouvement social et, ainsi que l’indique son titre, étudie la genèse, les précurseurs, les développements progressifs de l’envahissante marée à travers les siècles, du XVe au XVIIIe siècle.
Pour se mettre en rapport avec le féminisme contemporain, M. Joran, naturellement, avait fréquenté quelques-uns des groupes ou des champions (l’Académie n’a pas encore reconnu la grâce du mot championne) qui le représentent. Or, il faut avouer que son étoile ne l’avait pas conduit vers les meilleurs échantillons de l’ère moderne. Il crut, en fréquentant certains clubs révolutionnaires ou certains cercles enlisés dans le snobisme (?), en interviewant quelques détraquées ou quelques ignares, avoir fait ample connaissance avec... le Féminisme. Et ce grand mot, malgré sa désinence féminine, lui apparut comme un monstre porteur de fléaux qu’il fallait à tout prix attaquer et pourfendre.
On a dit de M. Joran qu’il était le Don Quichotte du féminisme. [...] »
Cette critique fait suite à une conférence organisée à Châteauroux par La Revue du Berry et du Centre, périodique dirigé par l'érudit et historien berrichon Joseph Pierre.
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