Féministes de jadis et d’aujourd’hui.
[Vers 1927]
In-4 (270 x 210 mm), 48 ff., en feuilles ; quelques déchirures et salissures.
Le manuscrit d'un ouvrage jamais publié consacré à l'histoire du féminisme et à la place des femmes dans la société. Il contient de nombreuses corrections et reprises de texte.
Une note moderne indique que l'auteur est Antoine Granger (dit Émile, né vers 1842), père de la sculptrice Geneviève Granger-Chanlaine (1877-1967).
La première partie retrace, à travers plusieurs figures féminines, l'influence exercée par les femmes dans l'histoire, la littérature, la philosophie et la politique.
Elle est plus précisément consacrée à Christine de Pisan, Louise Labé ; à trois héroïnes politiques : Mme de Lansac, Mme Harriet Beecher Stowe, et la comtesse Giustiniani ; à trois inspiratrices de philosophes : Melle Ferrand, Clothilde de Vaux, et Mme Stuart-Mill ; aux Précieuses, réformatrices des mœurs ; et à Mme de Beaumont et le Génie du Christianisme.
La deuxième partie est un essai sur le féminisme et la place des femmes dans la société, abordant notamment leurs capacités intellectuelles, leur accès aux carrières politiques et leur rôle dans la vie sociale et intellectuelle.
Chapitre I : Sur la capacité des femmes (Dr Roussel, Schopenhauer, Goethe)
Chapitre II : Accession des femmes aux carrières politiques (Gina Lombroso, Marthe Borély, Arvède Barine, Léontine Zanta)
Chapitre III : La conversation (Mme de Boufflers, Joséphine Bonaparte et les autres femmes de la famille, Mme Carteaux, Le journal l'Aurore, Les deux espèces d'instructions, Marie-Thérèze, Mme Staal-Delaunay.
Le manuscrit peut être daté de 1927 ou peu après, l’auteur évoquant « tout récemment » la publication du roman Ton amour n’est pas à toi de Mme Catulle-Mendès, paru en 1927.
Chapitre 2, page 30 : « Mais devenues électeurs et éligibles, elles tomberont de leur tour d’ivoire dans la mêlée et y perdront, comme beaucoup d’hommes, leur bon sens et la maîtrise d’elles-mêmes. Il ne faut pas oublier que les réunions et assemblées politiques sont des cohues, des foules où les individus perdent plus ou moins leur personnalité. Il est à craindre que, dans de pareils milieux, les femmes ne conservent pas leurs qualités distinctives et ne restent pas femmes, en devenant momentanément des espèces d’hommes. Ce serait la destruction de leurs mérites spéciaux, c’est-à-dire de ce qui les rend capables de compléter les vues du sexe masculin. »
Chapitre 3 : page 30 : « Elle pourra d’abord, à l’instar des féministes anticipées, travailler au bien social en marge, pour ainsi dire, de la sphère d’activité des hommes, comme l’ont fait les précieuses. Elle aura de plus la faculté d’écrire, de faire des conférences, de fonder des sociétés et des ligues, ce qu’elle pratique déjà. Enfin, il lui sera possible d’employer la conversation à la défense et à la diffusion des idées qui lui sont chères. »
L’auteur cite ensuite plusieurs anecdotes historiques montrant l’influence exercée par les femmes « par la conversation ».
Intéressant témoignage d’une conception quelque peu paternaliste du féminisme, encore marquée par les schémas traditionnels de l’époque, mais nourrie néanmoins d’une réelle réflexion sur la place et le rôle des femmes dans la société.
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